J’en ignorais la raison, mais tout l’après-midi, je ne me sentais pas en super forme. Petit mal de ventre sans vraiment être dérangeant. Petite nausée sans vraiment être perturbant. Une grande fatigue, sans pour autant pouvoir dormir.
J’ai rendez-vous à 18h pour la visite d’un autre appartement. Comme je suis trop ponctuelle, je quitte en avance. Je marche lentement à cause de condition. Dans le métro prends le premier wagon devant l’entrée puisqu’il est déjà là quand j’arrive. Normalement, j’aurais été dans celui réservé aux femmes pour éviter tout regard pesant. Les hommes sont entassés les uns sur les autres. Le métro tarde quelques instants à redémarrer. Je sens la chaleur de chacun m’envelopper. D’un côté, mon nez est coincé sous un bras qui dégage une odeur nauséabonde. Pour être franche, je crois que l’odeur de sueur corporelle est celle que je supporte le moins. Je me tourne vers l’autre côté tentant de respirer profondément. Mon corps est de plus en plus chaud. J’ai la tête qui tourne. Tout ce que je souhaite, c’est de sortir du wagon. Nous arrivons au prochain arrêt, le mien. Je sors toute ébranlée. Mon corps est devenu mou et j’ai l’impression de marcher de la même façon que lorsqu’on boit trop. Ma vue s’embrouille de plus en plus. L’intensité de la lumière baisse. Je repère un mur sur lequel je m’appuie. Ça ne va pas du tout. Je vois le monde en pixel tel un film piraté sur Internet. J’ai l’impression que je vais m’évanouir et j’en suis consciente. Ça ne va toujours pas. J’ai une vision de moi qui tombe doucement, le sac à main grand ouvert avec l’argent pour payer le loyer et le dépôt de sécurité. Je combats contre cette éventualité en respirant calmement et profondément et en fixant un point. Je tente de marcher jusqu’à un garde, mais à quoi bon, il ne me comprendra certainement pas. Je m’appuie sur une barrière et c’est à ce moment là que ma vue recommence à redevenir normale. Tranquillement, mon corps se ressaisit. Les silhouettes des gens se redéfinissent. Ça y est, je suis de nouveau de ce monde.
Après l’épisode du métro, je me rends dans une fête organisée spontanément la veille. Bien que l’alcool soit à profusion, je ne touche à rien d’autre qu’un grand verre de Pepsi. Mon ventre me fait souffrir.
Je compris seulement le lendemain ce que j’avais.
Elle est arrivée d’un seul coup, sans prévenir pour faire son ravage. Moi qui suis reconnue pour mon estomac solide dans les pays arabes, j’ai toléré la nourriture de rue partout au Moyen-Orient et même la viande réchauffée par le soleil au Maroc. Mais la bactérie égyptienne est trop forte et je ne résiste plus. Elle frappe un point c’est tout. Mes amis sont même surpris que je ne l’aie pas attrapée dès la première semaine au pays puisque tout touriste y goûte violemment. Dois-je en être fière? Sûrement car on m’a dit que, même les locaux peuvent contracter la bactérie égyptienne à plusieurs reprises. Personne n’y échappe.
Me voilà immunisée. Je suis prête à affronter ces prochain mois dans ce pays pleins de surprises!
Un petit conseil à ceux qui planifient un voyage en Égypte, rajoutez deux jours pour cause de bactérie égyptienne.
vanes

















